La Cuisine
d’Elvis nous propose une recette épicée où
le drame et la comédie cherchent tour à tour à
l’emporter en se livrant une bataille grandiose.
La recette de Lee Hall réussit allégrement à
incorporer les ingrédients les plus extrêmes :
la pièce est excessivement déjantée,
excessivement tendre, excessivement cruelle, excessivement drôle…
Dans ce théâtre de l’excès, le danger
était clair de se perdre dans une violence complaisante,
affublée d’un bon vieux nez rouge…
Avec des personnages
sur le fil, il fallait jouer les équilibristes en dérapage
contrôlé sur des montagnes russes… Pour naviguer
dans ces extrêmes, nous avons abordé le travail en
plusieurs temps : Nous avons d’abord creusé
l’humanité des personnages, parce que ce ne sont
pas des monstres pour rire, des objets de foire, mais des personnes
blessées - à l’excès… J’ai
toujours à l’esprit dans mon travail cette phrase
de Michel Audiard qui disait : “J’aime les gens
fêlés, on voit la lumière qui passe au travers !“.
Avec les secrets
de cette cuisine, nous avons pris de la hauteur pour nous amuser
des excès, tendre un miroir déformant, être
aussi libre, inattendu et coloré que l’auteur, affranchi
de tout interdit dans son écriture féroce…
Je voulais
une mise en scène sobre et épurée, qui trace
les limites d’une pièce qui n’en a pas, où
la comédie humaine et ses farces tragiques puissent venir
nous saisir dans le réalisme, où les excès
n’apparaissent pas comme des exubérances gratuites,
mais bien comme des symptômes humains.